Et si l’endométriose pouvait être diagnostiquée autrement ?

Et si l’endométriose pouvait être diagnostiquée autrement ?

Obtenir un diagnostic d’endométriose peut encore prendre plusieurs années.

Des consultations. Des examens. Des symptômes qui ne se ressemblent pas toujours d’une femme à l’autre. Et parfois cette impression que plusieurs pièces du puzzle existent, sans réussir à les assembler.

Pourtant, la recherche avance.

Et en 2026, plusieurs équipes travaillent précisément sur une question qui pourrait changer une partie du parcours : comment diagnostiquer l’endométriose de manière plus simple, plus rapide et surtout moins invasive ?

Une maladie qui ne se présente pas toujours de la même façon

L’endométriose toucherait environ 10 % des femmes en âge de procréer dans le monde selon l’Organisation mondiale de la Santé.

Pourtant, les retards de diagnostic restent fréquents.

La difficulté tient notamment au fait que la maladie ne se manifeste pas de la même manière chez toutes les femmes.

Douleurs menstruelles très importantes, douleurs pelviennes, douleurs pendant les rapports, troubles digestifs, difficultés à concevoir… les symptômes peuvent être multiples.

Ils peuvent également être confondus avec ceux d’autres troubles.

Et surtout, certaines douleurs ont longtemps été banalisées sous prétexte qu’elles survenaient pendant les règles.

Aujourd’hui, l’échographie et l’IRM peuvent permettre d’identifier certaines formes d’endométriose. Dans certaines situations, une intervention chirurgicale peut toutefois encore être nécessaire pour confirmer ou préciser le diagnostic.

Mais de nouveaux outils commencent aussi à apparaître.

En France, l’Endotest®, un test salivaire destiné à aider au diagnostic de l’endométriose, est accessible depuis février 2025 dans le cadre d’une expérimentation prise en charge par le forfait innovation.

Son principe repose sur l’analyse de microARN présents dans la salive, grâce au séquençage de nouvelle génération et à un algorithme d’intelligence artificielle.

Il ne s’agit toutefois pas d’un test proposé systématiquement à toutes les femmes. Il est destiné à certaines situations diagnostiques complexes, notamment lorsque les symptômes sont évocateurs mais que les examens d’imagerie sont négatifs ou incertains.

Cette avancée montre surtout une chose : le diagnostic de l’endométriose commence déjà à évoluer vers des méthodes moins invasives.

Et si le sang menstruel devenait lui aussi un outil de diagnostic ?

En mars 2026, les National Institutes of Health américains ont annoncé les gagnants d’un concours de recherche doté de 3 millions de dollars visant à accélérer le développement de technologies non invasives pour diagnostiquer l’endométriose.

Parmi les projets récompensés, deux des équipes arrivées en tête étudient le sang menstruel.

L’idée est d’y rechercher des bio-marqueurs capables d’aider à identifier la maladie sans avoir systématiquement recours à des méthodes invasives.

D’autres pistes explorent également l’imagerie ou différents marqueurs biologiques.

Le principe est particulièrement intéressant : utiliser des informations directement liées au cycle menstruel pour mieux comprendre ce qui se passe dans l’organisme.

Mais il faut rester prudent.

Une technologie prometteuse n’est pas automatiquement un test prêt à être utilisé en consultation.

Avant qu’un nouvel outil diagnostique puisse entrer dans la pratique médicale courante, il doit démontrer sa fiabilité, sa précision et son efficacité sur des populations suffisamment larges et diverses.

 

Pour aller plus loin, retrouvez nos ressources sur le cycle et les douleurs menstruelles dans le Guide Jour Rouge.

 

Vers des diagnostics plus rapides ?

En 2026, l’OMS travaille également à l’élaboration de nouvelles recommandations internationales sur l’endométriose, avec notamment pour objectif de favoriser un diagnostic plus rapide et une meilleure prise en charge.

L’enjeu est important.

Mettre un nom sur une douleur ne fait pas disparaître la maladie.

Mais un diagnostic peut permettre d’orienter plus rapidement vers les bons professionnels, d’adapter la prise en charge et d’éviter des années d’incertitude.

Entre l’imagerie, l’arrivée du test salivaire dans certaines situations en France et les recherches actuelles sur le sang menstruel, le parcours diagnostique pourrait progressivement s’enrichir de nouveaux outils.

Cela ne signifie pas qu’un test simple permettra demain de diagnostiquer toutes les formes d’endométriose.

Mais la direction est claire : trouver des moyens plus accessibles, plus rapides et moins invasifs d’obtenir des réponses.

Et pour une maladie encore souvent diagnostiquée tardivement, gagner du temps peut déjà changer beaucoup de choses.

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