Douleurs de règles intenses : à partir de quand faut-il consulter ?

Il y a les règles qu’on voit arriver. Celles pour lesquelles on prévoit une soirée tranquille, une tenue confortable et peut-être quelques changements dans l’agenda.

Et puis il y a celles qui prennent toute la place.

Celles qui nous font annuler un dîner, repousser une journée de travail, rester allongée ou compter les heures en attendant que ça passe.

Et forcément, une question finit par arriver : à partir de quand des règles très douloureuses ne sont-elles plus quelque chose qu’on devrait simplement supporter ?

On nous a tellement dit que « les règles, ça fait mal »

C’est probablement là que les choses se compliquent.

Les douleurs pendant les règles sont effectivement fréquentes. Leur nom médical est dysménorrhée. Elles apparaissent généralement dans le bas du ventre et peuvent aussi s’étendre au dos ou aux cuisses. Leur intensité, elle, peut aller d’une simple gêne à des douleurs capables d’empêcher certaines activités du quotidien. 

Alors oui, avoir des contractions pendant ses règles peut faire partie du fonctionnement du cycle.

Mais fréquent ne veut pas dire qu’il faut tout banaliser.

Mais pourquoi ça peut faire aussi mal ?

Quelques jours par mois, l’utérus accomplit une petite performance dont on parle finalement assez peu.

Au moment des règles, il se contracte pour permettre l’évacuation de l’endomètre. Des substances appelées prostaglandines participent à ce mécanisme. Lorsqu’elles sont produites en quantité importante, les contractions peuvent être plus fortes et participer à des douleurs plus marquées. 

C’est notamment ce qui intervient dans ce qu’on appelle la dysménorrhée primaire : des règles douloureuses qui apparaissent généralement dès l’adolescence, sans qu’une maladie particulière soit nécessairement retrouvée.

Mais parfois, le scénario change.

Quand les règles deviennent soudainement différentes

Tu connaissais tes règles. Elles n’étaient peut-être pas particulièrement agréables, mais vous aviez fini par trouver une sorte de terrain d’entente.

Et puis elles deviennent beaucoup plus douloureuses.

Ou les douleurs apparaissent pour la première fois à l’âge adulte. Elles commencent plusieurs jours avant les règles, continuent après, ou s’accompagnent de nouveaux symptômes.

Dans ce cas, les professionnels de santé parlent notamment de dysménorrhée secondaire et peuvent rechercher une cause sous-jacente. Parmi les causes possibles figurent notamment l’endométriose, l’adénomyose, certains fibromes ou encore d'autres situations gynécologiques. 

Cela ne signifie évidemment pas que douleur intense = endométriose. Mais une évolution inhabituelle mérite d’être explorée plutôt que simplement ajoutée à la liste des choses « à supporter chaque mois ».

Alors, à quel moment consulter ?

Peut-être que la meilleure question n’est finalement pas : « Est-ce que j’ai assez mal pour consulter ? »

Mais plutôt : « Est-ce que mes règles sont en train de modifier ma vie ? »

L’Assurance Maladie recommande notamment de consulter lorsque les douleurs deviennent anormalement plus importantes, apparaissent à l’âge adulte alors que les règles étaient auparavant peu douloureuses, durent plusieurs jours avant ou après les règles, ou ont un retentissement important sur la vie quotidienne. 

D’autres symptômes associés doivent également conduire à demander un avis médical, notamment :

  • de la fièvre ;
  • des pertes vaginales inhabituelles ;
  • des saignements entre les règles ;
  • des règles anormalement abondantes ;
  • des douleurs pendant les rapports sexuels. 

Autrement dit, rater régulièrement les cours, le travail, des sorties ou simplement ne plus pouvoir vivre normalement pendant plusieurs jours n’est pas un détail à effacer du calendrier chaque mois.

« Mais peut-être que je suis juste très sensible à la douleur… »

Cette petite phrase mérite probablement sa propre place dans l’histoire.

Parce qu’à force de comparer nos règles à celles des autres, on finit parfois par chercher une sorte d’échelle universelle : Elle arrive à travailler, donc moi aussi je devrais pouvoir. Elle n’a besoin de rien prendre. Elle, ça dure seulement quelques heures.

Sauf que la douleur est une expérience individuelle.

Ce qui est utile lors d’une consultation, ce n’est pas de prouver que l’on souffre « suffisamment ». C’est de pouvoir expliquer quand la douleur apparaît, combien de temps elle dure, comment elle évolue et ce qu’elle nous empêche de faire.

Noter ces informations pendant plusieurs cycles peut d’ailleurs permettre d’arriver avec une vision plus précise de ce qui se passe.

Et pendant les règles ?

Chaleur, repos, mouvement doux… chacune finit souvent par développer ses propres habitudes.

L’application locale de chaleur fait partie des mesures simples mentionnées par l’Assurance Maladie pendant les épisodes de règles douloureuses.

Chez Jour Rouge, c’est exactement comme cela que nous préférons parler de ces solutions : comme des pistes de confort, dont le ressenti peut varier d’une personne à l’autre.

Et lorsqu’une douleur devient particulièrement forte, nouvelle ou inhabituelle, chercher à comprendre ce qui se passe reste plus important que d’essayer simplement de faire avec.

Finalement, peut-être que la vraie question est ailleurs

Pendant longtemps, on a appris à prévoir les protections.

À vérifier la date.

À avoir ce qu’il faut dans son sac.

Mais beaucoup moins à observer comment nos règles évoluent d’un cycle à l’autre.

Alors peut-être que connaître son cycle, c’est aussi apprendre à reconnaître le moment où quelque chose change.

Parce qu’entre « mes règles sont inconfortables » et « mes règles m’empêchent de vivre normalement », il y a une différence qui mérite d’être entendue.

Et aucune médaille n’est remise à celle qui aura attendu le plus longtemps avant d’en parler.

Pour aller plus loin, découvre notre guide sur les douleurs de règles.

Retour au blog

Laisser un commentaire

Veuillez noter que les commentaires doivent être approuvés avant d'être publiés.